L'âme du paysan

Maurice AUDIER
Tout change de nos jours ; les mots exprimant le métier ou la fonction, même vieux de plusieurs siècles, sont aujourd’hui remplacés par d’autres, souvent plus complexes. Il n’y a plus d’instituteurs, plus de cantonniers, plus de balayeurs, plus de prison… Celui qui produit l’aliment est un agriculteur, un cultivateur, éleveur, exploitant agricole, mais surtout pas un paysan !


  Il est vrai que ce mot  est trop beau, trop grand, parce qu’il fait penser à l’homme qui s’intègre à un paysage, progresse moins vite que d’autres...C’est donc un «  paysan » presque arriéré, en tout cas peu « moderne »…
Pourtant, il y a cinquante ans, on a voulu l’obliger à aller plus vite, se conformer à de nouvelles exigences. Puis, peu à peu, on l’a accusé de tous les maux et…le voilà redevenu Paysan au sens noble du terme : celui qui doit sauvegarder le paysage, l’environnement, comme on dit si bien aujourd’hui.

  Mon étonnement est grand devant un mouvement qui s’amplifie : cette vente directe des produits de la terre.
 L’échange entre producteurs et consommateurs prend des formes complètement différentes dans les pays fortement urbanisés. Fruits et légumes calibrés, lustrés, emballés par des machines, mis en valeur par des éclairages puissants conditionnant aussi bien le produit que le consommateur….  
Puis, circuit beaucoup plus court : vente par le producteur lui-même sur une table en bois au marché du produit brut sorti du champ, ou apporté dans les villes en mélange dans des paniers.
Incrédule, au début de la reprise de ce système, je crois en avoir trouvé la justification au souvenir d’une conférence à la Faculté de lettres d’Aix. ; il s’agissait de la dualité « Esprit Matière. » Rassurez-vous, je ne vais pas la refaire ! 

  La première phrase était : Dans le pain, ce qui nourrit, ce n’est pas la farine, c’est l’esprit.
Avec l’âge et les acquis de la vie, on en comprend mieux le sens. On est tous en admiration devant une œuvre humaine : une fusée de 500 tonnes qui s’échappe et va vers les planètes, un ordinateur qui met à notre portée des millions d’informations enfermées dans des milliards de cases ! 
L’objet de notre admiration n’est pas la carrosserie de la fusée ni de l’ordinateur, il ne s’agit que d’assemblages de matériaux. On admire l’esprit de l’homme, sa super intelligence qui a conçu cela !
Pour produire l’aliment, il n’est point besoin de supercerveaux ! L’homme inculte récoltera le même blé que l’ingénieur ! La plante pousse seule… On est dans le monde vivant. Il n’a pas besoin d’hommes… Pourquoi ?..
Le plus anti créationniste des savants dira : « c’est l’ordre naturel des choses »… ou encore : « c’est la loi de la nature ». Mais s’il écrit cette phrase, il aura parfois tendance à écrire Nature avec une majuscule !

  Il y a pourtant un homme autour de la plante. Il lui prépare le terrain, la débarrasse des herbes folles, la protège de son mieux, se lève dans les nuits glaciales pour tenter de la protéger du gel… souvent en vain ! 
Tout cela n’est pas le résultat de mathématiques compliquées, ce n’est même pas l’esprit qui a commandé ces gestes ancestraux, pas l’esprit non plus qui a donné au paysan cette résignation devant les aléas du métier…l’esprit est trop rationnel pour cela.

  Il s’agit simplement d’une petite chambre que nous avons tous au fond de l’esprit. Une chambre qui contient l’amour.

Cette chambre, chez le paysan, elle est ouverte vers les autres, mais aussi vers la Nature…et je n’ose pas inverser…

Cette chambre… c’est l’âme du paysan. Si elle ne passe pas dans les calibreuses, les lustreuses, les emballeuses, les containers… regardez bien, elle est sur la table du marché, elle est dans votre panier, elle est dans le regard brillant de celui qui a réussi une belle récolte, le regard assombri quand le vent, le gel ou la grêle, l’ont abîmée…

  Vous la verrez cette âme quand vous penserez au paysan qui vous parle aujourd’hui, cette homme qui a passé une longue vie dans un jardin, y a parfois trouvé la consolation à quelque misère, mais surtout le précieux, l’indispensable émerveillement devant une graine qui devient tige, une tige qui devient fleur, une fleur qui devient fruit.

  Je vous souhaite de trouver le même bonheur que moi en vous émerveillant devant le plus beau tableau du monde : la Nature.

MAURICE AUDIER

Persévérance

 La persévérance n’est pas « vertu » au sens habituel du terme, mais doit être classée comme valeur première pour la réussite.


Je n’en veux pour preuve que le parcours de mon père, simple jardinier- mais progressiste au point de devenir, à la fin de sa carrière, une référence régionale.
Sa réussite est due à ses grandes qualités de Volonté, Courage,-Audace,-Persévérance.
Ces valeurs, il les a acquises peu à peu, me les a transmises, je les transmets à mon tour.

J’ai connu  en 1948 celle qui devint ma femme. Les récits qu’elle m’a faits du parcours de ses parents, émigrés Piémontais du début du vingtième siècle m’ont fait apparaître que ce sont  toujours les mêmes valeurs qui conduisent à la réussite.
Mais là…Partis de rien, affrontés à des difficultés de tous ordres, en pays étranger, parfois hostile, on peut encore y ajouter une valeur suprême : l’abnégation.
 
Mon livre "Partiro" est un hommage à des valeurs surhumaines.

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